dimanche 14 mars 2010

Dieu est un chauffeur routier

Ca peut bien entendu vous sembler très étrange, et moi-même ça m’a bouleversé lorsque j’ai compris tout ce que cela impliquait, mais il semblerait bien qu’en réalité Dieu soit un chauffeur routier qui s’appelle Roger.

Et ce n’est pas parce que Dieu est partout qu’il sait tout, c’est parce qu’il a une C.B dont il use et abuse à chaque fois qu’il croise un radar mobile. Lorsqu’il ne klaxonne pas les petites gonzesses en Renault 5 en faisant des appels de phare à ses potes qui arrivent en sens inverse, Dieu trompe l’ennui en doublant des camions espagnols à 87 km/h sur la voix de gauche histoire d’emmerder tout ces cons qui foncent sur lui à toute allure. Avec un peu de bol et quand la route est suffisamment détrempée, ça peut toujours déboucher sur un petit carambolage avec dix morts à la clé. Ca vaut pas une bonne épidémie de choléra, mais ça fait bien longtemps que Dieu a laissé tomber les épurations de masse. Quand Dieu est fatigué de tuer des gens pour le plaisir, il va se taper un bon steak frites au Buffalo Grill de l’aire de repos de Rougnoles-Sur-Gouffion. Puis il va pisser un bol, s’amuse une bonne dizaine de minutes avec le sèche-mains automatique et va se faire une petite sieste dans les herbes folles en pensant à tous ces guignols qui vont prier dans les églises pour aller au Paradis alors qu’il leur suffirait de prendre l’A80 et de sortir à trente bornes de Rodez pour tomber dessus.

Dictionnaire impromptu : Jesse Owens

James Cleveland Owens est né en 1913 à Oakville, petite ville de l’Alabama où, l’on a beau dire, comme dans le monde entier, il y a beaucoup moins de racistes que de sales négros paresseux uniquement bons à pousser les balles de cotons. C’est d’ailleurs de ce que fait son père, lorsqu’il ne participe pas le dimanche à des courses à pied contre ses copains esclaves. C’est lui qui tout naturellement donne à James le virus de la course, avec celui du sida et d’une quinzaine d’autres maladies vénériennes qui ne touchent heureusement que les noirs, mais c’est une autre histoire.

Nous sommes en 1920, et la famille Owens déménage à Cleveland pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants, ce qui est vraiment coton, pour le coup. C’est là que l’institutrice de James, qui ne le comprend pas quand il prononce ses initiales, décide de le renommer Jesse pour le bien de tous. C’est là aussi que Jesse Owens commence à courir pour la Junior High School de Bolton tout en travaillant comme livreur et comme manutentionnaire dans une usine de chaussures pour payer ses études. Il remporte ainsi 76 des 79 courses universitaires auxquelles il participe et égalise le record du monde de vitesse alors qu’il n’a que 17 ans. Naturellement sélectionné pour les championnats américains en 1935, il y bat tous les records malgré une chute dans l’escalier quelques jours avant, explose les records du 100 mètres, du 200 mètres, du 200 mètres haies et du saut en longueur en devenant le premier à franchir la barre des huit mètres.

Les Jeux Olympiques de 1936 se déroulent alors à Berlin, et Jesse Owens passe encore un cran dans la provocation en remportant quatre médailles d’or sous les yeux du chancelier Hitler qui refusera de venir le féliciter, sans doute vexé et sûrement un peu pressé d’aller jouer à gaze-mi gaze-moi avec Rosenthal et Cohen. Il est vrai que ce jour-là, Jesse Owen infligeait un sacré démenti aux thèses aryennes, même s’il venait dans le même temps renforcer la théorie mainte fois vérifiée qui veut que si les noirs courent plus vite, c’est à cause de leurs entraînements à s’enfuir quand la police arrive.

De retour aux Etats-Unis, Jesse Owens est accueilli comme un héros, mais un héros noir tout de même, donc toujours autant dépourvu de droits civiques. Il végète un peu, organise des spectacles dans lesquels il bat à la course des champions à qui il laisse un peu d’avance et même des chevaux, et finit par devenir disc jockey de jazz à Chicago. C’est là qu’il meurt et qu’il est enterré après s’être fait rattrapé le 31 mars 1980 par un cancer du poumon qui lui fait le coup du lièvre et de la tortue. Car c’est bien ça le problème avec le cancer : rien ne sert de courir, il faut mourir à point.

dimanche 7 mars 2010

Théorie Foireuse : Dieu est belge

Ca va peut-être vous surprendre, et moi même j’en suis resté considérablement retourné en apprenant cette nouvelle effroyable, mais il semblerait, à la lecture attentive de la Bible et du Pif Gadget n°137 (celui avec un coussin péteur en cadeau), que Dieu soit en réalité Belge.

Comme Johnny Hallyday, si vous me permettez ce raccourci graveleux aux frontières de l’insoutenable, la seule différence étant qu’à notre connaissance, Dieu ne s’est encore jamais pris pour Johnny Hallyday. Et que surtout, lorsqu’il s’agit de Johnny, on a tout de suite beaucoup plus de mal à aimer son prochain. Disque. Dieu n’est donc pas musulman, Dieu n’est pas juif, Dieu est Belge. Une fois. Et même plutôt deux fois qu’une, si l’on en croit les nombreux témoignages d’amours passionnels qui recouvrent les murs diaphanes des églises flamandes où il fait bon traînasser entre deux bières à la terrasse d’un café d’Anvers et contre tout. Dieu est partout, et surtout en Belgique, pays de la diversité culturelle et de l’amour de l’autre, plat pays qui n’a de plat que le sobriquet et la géographie tant il regorge de merveilles qui ne peuvent décemment être que d’inspirations divines, à commencer par cet élément ultime sans lequel la vie ne serait rien, pas l’eau, non, ni le feu, l’air ou la terre, mais la frite. La gastronomie sans la frite, c’est comme un steak sans poivre ou un baiser sans moustache, ça n’a pas de sens, et c’est bien pour cela que la Belgique existe, et c’est bien pour cela que dans un de ses instants d’infinie sagesse, l’Eternel a dit « que la frite soit », et la Belgique fut. Tout ça pour dire que Dieu est Belge, et que ça lui va comme un Gand.