samedi 26 mars 2011

Dictionnaire Impromptu : Lyon

Au confluent du Rhône et de la Saône se situe sans doute une des villes les plus détestables au monde, juste derrière Paris mais devant Vladivostok et Monsempron-Libos. Capitale de la gastronomie, capitale culturelle, capitale de l’imprimerie sous la renaissance et de la résistance sous l’occupation allemande, capitale des Gaules et capitale de la soie, Lyon est définitivement une ville de winners, et c’est aussi pour ça qu’on aime à la détester, au pays de Poulidor et des poteaux carrés. En fait, la seule chose qui ne soit pas capitale avec Lyon, c’est d’y aller. Et surtout d’y rester. C’est pourtant ce que font de nos jours 500.000 abrutis qui font de Lyon la troisième agglomération française, un empire dirigé d’une main de fer dans un gant de velours par un triumvirat composé de Gérard Colomb, Jean-Michel Aulas et Simba.

Mais revenons au commencement : au début était la Terre, puis Jean-Michel Aulas a dit « quel la lumière soit », et la lumière fut. Lyon n’est encore qu’un tas de pierres quand, en –53 avant JC, le grand Jules César parvient à avoir la Gaule. Sur Facebook, Cléopatre aime ça. Arrive alors Lucius Munatius Plancus, légionnaire romain en embuscade, qui fonde en 43 avant J-C la ville de Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum, vous m’en ferez cinquante lignes pour vous apprendre à suivre ce que je dis. Heureusement, le nom de la ville est rapidement abrégée en Lugdunum, qui signifie approximativement en tchèque « ta mère suce des bites en enfer », puis devient Lyon au XIIIème siècle en même temps qu’elle s’impose comme une cité prospère, grâce au commerce de la soie et du textile, mais aussi une grande tradition culinaire.

Les habitants de Lyon sont appelés les Lyonnais, pour ne pas les confondre avec les Grenoblois, qui habitent Grenoble, ni avec ma belle-mère, qui habite en Bretagne. Malgré la réputation bourgeoise de la ville, les lyonnais sont aussi connus pour être des bon-vivants, et disons-le tout net, des alcooliques. Les fameux Côtes-du-Rhône et les Gigondas n’y sont pas pour rien, même si seuls les garçons ont le droit d’en boire, car le lyonnais a des vins, la lyonnaise des eaux. Le seul problème, c’est que le lyonnais a tendance à trop boire, et que quand quelques lyonnaises se risquent à boire du Côtes-du-Rhône malgré tout, elles deviennent vite une vraie bande de gones. Tout ça pour dire que c’est dans les cafés lyonnais qu’a d’ailleurs été inventée la fameuse fantaisie sémantique « la cuvette est pleine de bouillons », que des centaines de lyonnais essaient encore de comprendre en buvant leur premier verre de la journée, vers 10h du mat’.

Il ne faudrait pas pour autant réduire Lyon à une ville d’alcooliques. C’est tout de même aussi là qu’ont été inventé le cinéma (par les frères Lumières) et le théâtre de Guignol, et la ville possède assez d’infrastructures et accueille assez de manifestations diverses pour mériter son statut de capitale culturelle. Le lyonnais est bon-vivant, et le lyonnais aime rire, le lyonnais aime les loisirs et les cris des enfants qui jouent gaiement sur une couverture au bord du Rhône par un bel après midi de printemps. D’ailleurs, encore une preuve de la diversité et de la grande offre culturelle de la cité, Lyon est tout de même la ville d’origine de Bernard Pivot, Jacques Martin, Bertrand Tavernier, Jean-Michel Jarre, Liane Foly ou encore de Klaus Barbie, ma meilleure amie (par Mattel).

1 commentaire:

  1. Il faut ajouter les frère Mongolfier qui ont réalisé à Lyon le rêve éternel des hommme qui était de voler. Le fait qu'il n'aient rien fait ces toutes ces inventions géniales montre en revanche de limites de cette population d'ingénieurs avinés.

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